2nd hand dress
Mode de vie durable

Défi: “Slow-fashion” vs “Fast-fashion”

Il est vrai que je n’ai pas choisi de faire ce défi au moment le plus facile de l’année. Il est tombé en plein milieu des soldes d’été. Les rue grouillaient de bonnes affaires de la ” fast-fashion” .

Je fais partie de cette génération qui a été bercée par la série Sex and the City où l’héroïne Carrie Bradshaw est une vraie “fashionista” de New-York. Ces tenues mystiques ont inspirées des millions de femmes dans le monde. Comment peut-on oublier la jupe-tutu et son body ou encore la robe en imprimée en newpapers? Carrie avait une addiction: les chaussures. Toutes les marques y passaient. Cela pouvait aller des stilettos de luxe aux babouches artisanales. Je me revois encore dans ce studio étudiant rêvant un jour d’avoir une collection de chaussures rivalisant avec celle de Carrie Bradshaw!

Plus loin encore dans ma mémoire, je me souviens de cette prof d’histoire-géographie qui ne portait jamais la même tenue dans l’année. De taille 36, une longue chevelure blonde, les lycéens l’avaient surnommée ” Barbie”. Il est bien évident que nous étions plus fascinés par ses vêtements que par la sécheresse qui dévastait l’Afrique! On ne voyait qu’elle et surtout de ces dernières tenues à la mode digne de Vogue Magazine!

Ces deux anecdotes qui sont en soi anodines mais pas tant que ça car elles ont influencé et modeler mon mode de consommation dès le plus jeune âge. Avoir plus toujours plus et encore plus! C’était la forme de réussite au plus au point.

On le sait le vêtement est important. Il a divers fonctionnalités telles que le marqueur social, expression de la personnalité ou encore un vêtement est un pièce d’art!

Rien ne laissait présager qu’un jour, je mettrais les pieds dans la “slow fashion”. Et pourtant! Je me rends de jour en jour les effets de la ” fast-fashion” qui nous fait vivre dans une société de plus en plus ubuesque et kafkaïenne à la fois.

Qu’est-ce que la “Fast-fashion”?

Il convient de définir ce qu’est c’est la “fast-fashion”. Il s’agit d’un concept qui consiste à produire des vêtements peu chères et de moindre qualité pour des styles à moindres coûts.

En France, on achète en moyenne 30kg de vêtements et, seulement 2,5kg sont recyclés. Le prix de ces vêtements ne suffise à payer décemment les travailleurs. Ces travailleurs se trouvent souvent dans les pays d’Asie tels que la Chine, le Bangladesh, le Cambodge. Ils sont exposés au teinture chimique, aux longues heures de travail.

L’une des plus grandes catastrophes de l’industrie textile est celle du Rana Plaza en 2013. Plus de 1138 morts, 2000 blessés dans 6 usines où 5000 bangladais y étaient embauchés. Le salaire est de 84€/ mois au Bangladesh.

Il est évident que la ” fast-fashion” fait souffrir et tue de nombreux humains. Les mots de Nashreen Sheikh lors de son entretien avec Jay Shetty me résonnent encore dans la tête ” Quiconque portera ses vêtements… j’espère qu’ils pourront sentir mes larmes, j’espère qu’ils pourront sentir mon sang, et qu’ils pourront me donner une chance de sortir de cette souffrance”.

La ” fast-fashion” n’affecte pas uniquement ceux qui la fabriquent mais aussi, ceux qui la consomment. Effectivement les vêtements sont recouverts de tout un tas de produits chimiques (Éthoxylates de nonylphénol, (NPE)Nonylphénol (NP),Phtalates) qui peuvent avoir des conséquences sur la santé environnementales et humaines (perturbateur endocrinien). Les substances toxiques se répandent lors du lavage des vêtements dans les pays où ils sont vendus.

Ces éléments montrent que l’on doit consommer autrement.

Il existe des logos tels que Oeko-Tex et GOTS qui certifient que les vêtements ne contiennent pas des substances nocives.

Ces petits évolutions entraînent l’accroissement d’un autre mouvement celui de la “Slow-fashion”

L’émergence du ” Slow-Fashion”

La catastrophe du Rana Plaza le 24 Avril 2013 est une date pionière dans la “fashion révolution“. Elle revendique plus de transparence plus d’éthique sur les conditions de la fabrication de vêtements.

De nombreux hashtags ont été initié sur les réseaux sociaux par la”fashion revolution” (Instagram, twitter) tels que “Who made my clothes ?” (= Qui a fait mes vêtements?) Représenté dans 100 pays avec plus de 2 millions de participants, interpelle le public sur ses modes de consommation.

Au fur et à mesure, le slow-fashion commence à émerger et répond aux pratiques de la fast-fashion. En quoi consiste la Slow-fashion?

Plusieurs actions peuvent être menées:

  1. acheter en deuxième main et/ou éthique
  2. réparer ses vêtements
  3. louer ou échanger ses pièces
  4. prendre soin de ses vêtements

La vraie question à se poser est: “En ai-je vraiment besoin ?”

Le but est d’acheter de bien meilleur qualité des articles qui perdureront dans le temps . Consommer de cette façon permet de produire de manière raisonnée.

Conclusion:

J’ai été moi-même interpellée par le mouvement ” Who made my clothes?” qui m’a poussée dans ce défi bien que j’avais réduit ma consommation de vêtements bien avant. J’ai choisi de faire ce défi parce qu’on reproche souvent aux véganes de se désintéresser de la cause humaine.

La fast-fashion c’est consommer de la souffrance humaine, de gens moins fortunés. La slow-fashion est accessible à tous et pour toutes les bourses. Elle permet d’être habillée comme personne car elle ne suit pas les tendances. Les magasins de secondes mains offrent un large choix de styles à des prix moindres. Quant aux vêtements éthiques, ils permettent à tous les acteurs d’être payé décemment pour leur création et sont faits pour durer.

Je suis au troisième mois de ce défi et je finis cet article en écoutant la chanson d’Alain Souchon ” Foule sentimentale” qui prend de plus en plus son sens aujourd’hui… :

Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Ah et, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires

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